
On s'échappe d'Agadir, la balnéaire, bâtie le long d'une des plus belles baies du monde en longeant la côte... Non sans être allé se régaler de langoustes Chez Brahim à Tamraght sur la route d'Essaouira. Cette adresse incontournable et quasi confidentielle pour tous ceux qui ont découvert la région d'Agadir avant les autres, nous a été confiée par Jean-Claude et Annick Julien qui vivent à Bourg-en-Bresse et possèdent une maison d'hôtes à 2 pas de l'église de Brou qu'ils ont opportunément baptisée le Riad des Baudières. La digression en vaut la peine car ils sont incollables sur Agadir où ils possèdent un appartement.
Ils nous recommandent aussi de ne pas manquer Un autre Regard, la boutique de Jean Daniel Wendling qui fait de la déco intérieure, propose tableaux, mobilier et objets. A conserver précieusement dans son carnet d'adresse.
Nos pas ou plutôt le guide très expérimenté et envoyé par Allibert a pour mission de nous emmener au pays des arganiers à la découverte des surprenants paysages de l'Anti-Atlas et du trésor que produisent les amandes de l'arganier, plante précieuse qui pousse exclusivement au Maroc.
Elle est excellente pour la santé, car elle est riche en acides gras insaturés, en vitamine E et en antioxydants et aussi pour la souplesse de la peau. Une véritable aubaine pour les coopératives de femmes qui la cultivent, la récoltent et la transforment. C'est directement là qu'il faut s'en procurer. On l'utilise en cuisine pour la préparation des tajines et des pâtisseries. Elle entre aussi dans celle de l'amlou dont il est question un peu plus loin...
L'arganier est classé comme patrimoine universel par l'Unesco. Ce qui est précieux pour son développement et sa préservation. Il représente par là, un véritable secteur économique riche de promesses. Je me suis trouvée là-bas en février, au moment de la somptueuse floraison des amandiers qui ne dure que quelques jours et, à la grande différence d'Agadir, urbaine et balnéaire, on est là en plein tourisme rural.
L'Anti-Atlas, ainsi baptisé parce que les forces telluriques qui sont à son origine luttent contre le Haut et le Moyen Atlas et on fait émerger les massifs et sommets. Région somptueuse, sauvage où les fortifications qui sont autant de greniers à grains, construites avec les pierres du pays se fondent dans le paysage. C'est le paradis des randonneurs.
Le long des routes escarpées, mais très bien entretenues où l'on croise difficilement, (par moment seulement, heureusement...) des files entières de retraités français au volant de leurs campings cars immatriculés dans le Lot ou en Normandie, les plantations d'arganiers s'étendent à perte de vue. De loin sur les pentes des montagnes, ce sont autant de pompons verts qui émaillent le paysage et, de près, les éleveurs de chèvres les regardent grimper lestement dans les arbres. C'est leur mode de vie à elles... Une des raisons aussi pour lesquelles ces animaux aux muscles secs et qui transpirent peu sentent fort. C'est l'explication de l'expression «sentir la chèvre» avec son sommet absolu «sentir le bouc». Tout le monde comprendra.
La culture des arganiers est l'affaire des femmes. Dans les maisons construites autour de la cour où l'on sert le thé à la menthe et le fameux amlou. Cette gourmandise à base de miel, d'huile d'argan et d'amandes pilées est réservée aux jeunes mariés et aux touristes de passage. Les femmes se regroupent autour de la grand-mère et les enfants jouent tout autour. Les hommes eux, ont pris le car pour aller gagner quelques dirhams à la ville comme chauffeur de taxis ou artisans et commerçants. Ils ne rentrent que chaque semaine. Ce n'est pas la pauvreté et la scolarisation est fortement en marche.
Les bijoux aussi font partie de l'artisanat local, comme les bagues, bracelets, colliers que l'on trouve dans les boutiques qui pullulent au souk de Tiznit. Ces bijoux d'argent berbères sont étonnants de modernité. Certaines bagues dénichées là font même penser aux créations de Tournaire, le joaillier de Montbrison dans la Loire, présent à Lyon et place Vendôme à Paris, sans que l'on puisse prétendre que qui que ce soit ait pu inspirer qui...
Le retour vers Agadir et ses palaces se fait le long de la côte en surplomb de l'océan qui vient frapper les falaises. Il y a un monde entre les Spa des 5 étoiles et les Amazighs de la montagne. Deux aspects du Maroc qui se complètent et procurent plus d'une raison de profiter des vols de Royal Air Maroc (11 vols direct au départ de Paris et 2 autres le samedi et le lundi au départ de Lyon-Saint-Exupéry). En espérant ne pas rester au sol en raison des colères de notre ami le volcan islandais...
lundi 17 mai 2010
AU PAYS DES ARGANIERS
mercredi 5 mai 2010
OHE DU BATEAU !

Comme les bateaux passent au ras des flots, ils circulent nettement en dessous de tous les nuages crachés par les volcans. Pas de risque donc de rester à terre quand celle-ci se met en colère à des milliers de kilomètres et puis, de tous temps, c'est avec des bateaux que l'on a exploré la terre. C'est l'objet de l'exposition «Tous les bateaux du Monde» qui se tient au Musée National de la Marine à Paris jusqu'au 10 septembre. On y découvrira les travaux de l'amiral Pâris, un fameux marin du XIXème siècle qui avait eu l'idée de relever les plans de tous les bateaux croisés lors de ses nombreux voyages autour du globe.
Ce sont plus de 150 maquettes de bateaux qui sont exposées. Certains dont les noms évoquent les voyages et l'aventure comme les pirogues, les canoës, les kayaks et les jonques chinoises. Mais aussi des embarcations comme les boutres, patités, patamars et chelingues ; le bateau serpent du sultan de Tavancore, les sampans qui sentent bon l'Asie et les galères dans lesquelles chacun embarque aujourd'hui pour des voyages au figuré qui n'ont souvent rien de virtuel.
A considérer la machine à pêcher sur un radeau comme on en voit à Manille, on se dit que l'on est bien plus familier des bateaux européens des grands navigateurs, les caravelles de Christophe Colomb et Magellan. Mais celles-là voguaient au XVème et XVIème siècles, les embarcations européennes comme la muleta portugaise, le bragozzo vénitien, la pinque génoise et le trabocolo de l'Adriatique nous sont parfaitement inconnus si l'on n'est pas des spécialistes. Et pas davantage l'allège d'Arles, la tartane de Marseille et la bisquine de Cancale !
Il y a donc beaucoup à découvrir au musée et de quoi voyager dans ses pensées. Ceux qui aiment déjà l'univers liquide - pas si amical que ça, tempêtes et tsunamis valent bien les explosions de lave - s'offriront ou se feront offrir Tous les bateaux du monde dont la rédaction a été dirigée par Eric Rieth, édité par Glénat pour l'occasion et préfacé par Titouan Lamazou.
L'éditeur originaire de Grenoble qui explore la montagne et propose des voyages gastronomiques au travers de livres de recettes très régulièrement, n'hésite pas à prendre la mer. Avec le Guide des Grands Voiliers qui raconte quelques illustres voiliers-écoles et voiliers de commerce comme le Sedov, le plus grand d'entre eux et le Black Pear, le plus petit et propose aussi, pour ceux qui ont le projet d'embarquer un Petit Manuel de Médecine de Bord écrit par Emmanuel Cauchy. Il explore le mal de mer et les piqûres d'oursin, propose la constitution d'une trousse à pharmacie de première urgence et va jusqu'à conseiller les marins occasionnels en cas de fractures.
Sachant que, lui et ses semblables, pratiquent la télémédecine et le conseil médical spécialisé à distance. Ce médecin du Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne de Chamonix a participé à de nombreuses et périlleuses expéditions. Des grands fonds aux plus hauts sommets, c'est le même genre de combat. La boucle est bouclée !
Pour faire bonne mesure , rendez-vous à Lorient dans la cité de la voile chère à Tabarly, mais pour y découvrir un espace muséographique d'un nouveau genre qui vient tout juste d'ouvrir. Il est complété par la visite de la Flore, un sous-marin de 450m2 admis au service actif en 1964 et qui est si bien entretenu qu'il pourrait presque encore être opérationnel.
Avant d'accéder au bateau qui fait 58m de long sur 7 de large et 5 de haut et dans lequel on peut tenir à 30, on commence l'aventure par le Vulcain où l'on apprend le fonctionnement des sous-marins avant de se retrouver propulsé dans une projection d'images au milieu d'écrans positionnés sur le pont roulant de la fosse parsemée de LED, ce qui permet de « subir » un lancement de torpilles saisissant de réalité.
Tous les hommes libres qui chérissent la mer et les autres continuent leur tour de France dans la Manche à la découverte d'une exposition qui dure jusqu'au 3 octobre «Flottes et fracas, les épaves de la Hougue, 1692...» à la rencontre de la débâcle de la flotte de Louis XIV face à la puissance navale anglo-hollandaise au large de Barfleur le 29 mai 1692.
Et pour tous ceux qui aiment se laisser bercer et endormir par le clapotis des vagues sans pour autant naviguer, quelques expériences de vacances sur des embarcations bien arrimées ne pourront que leur plaire : Un aquagite, posé sur la Côte Fleurie entre Deauville et Cabourg et pas loin de la mer, leur permettra de s'adonner aux joies de la pêche no-kill ; un séjour sur la péniche Rosa entre Gascogne et Quercy qui embarque, sans bouger une bonne dizaine de personnes dans 4 cabines doubles avec chacune sa salle d'eau sur 100m2.
Et, pour éviter les bouchons autour de Saint Tropez sans sacrifier pour autant à l'hôtellerie de luxe ou à la location exorbitante d'un Riva sur le port, celle d'un voilier amarré à quelques kilomètres du plus célèbre port de pêcheurs de Méditerranée, à la fois proche des plages et de la cité. On y pratique la plongée libre et on peut même opter pour une option «navigation» et partir en croisière. Pas plus de 4 à 5 personnes. C'est parfait !
Publié par
Martine Montémont
à
15:29
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