lundi 12 octobre 2009

GOUTEZ DONC, GOUTER VOIR !

Les téléspectateurs de Rhône-Alpes Auvergne ont de la chance. Ils peuvent regarder chaque dimanche à 11h30 pendant le décrochage régional, la belle Odile Mattéi dans son émission "Goûtez-voir"

Si je vous parle d'elle, c'est qu'elle fait vraiment la différence parmi toutes les émissions de gastronomie. Odile n'est pas coincée dans une cuisine à l'image de Valérie Expert. Elle ne joue pas les stars et les mannequins comme Julie Andrieu et surtout, surtout, n'en déplaise à ma consoeur de Lyon People, elle n'a rien à voir avec Jean-Luc Petitrenaud. Lequel plaît beaucoup, j'en conviens, aux amateurs de terroir, mais diffuse des émissions parfaitement indigestes. Non pas qu'elle ne soient pas plaisantes, après tout, à sa suite, on voyage en France. Mais, passez-moi l'expression, avec Jean-Luc, on a l'impression qu'on ne va jamais arriver à se lever de table, rien qu'à regarder. A la télé, c'est un comble ! Je passe aussi sur François Simon, qui opère à couvert sur Paris Première, cultivant ainsi l'anonymat le plus scrupuleux, sauf que je ne connais pas beaucoup de chefs qui ne le connaissent et ne le reconnaissent pas.

Ce que j'aime chez Odile, c'est sa vivacité, sa vraie gourmandise qui ne rime pas avec goinfrerie. Qu'elle mette la main à la pâte, ce qui fait d'elle une fine cuisinière à la table de laquelle il fait bon s'installer. Qu'elle a des goûts simples. Elle raffole de l'entrecôte de Salers, aime les casse-croûte à base de saucisson et de fromages régionaux comme la fourme d'Ambert dont elle a été l'an passé, une des dames au coeur tendre (lol). Et encore qu'elle ne passe pas son temps, quand elle prépare une recette avec un chef, à faire "mmmm" pour montrer que c'est bon. Son registre est plus vaste et ce n'est pas facile de varier les genres, mais elle y arrive.

Résultat, dans sa vaste région, tout le monde l'aime. Les Toques Blanches Lyonnaises et leur président, l'imposant Christophe Marguin ne jurent que par elle. Parce qu'elle sait aussi célébrer ceux qui comptent quand il le faut. Pour les journées du Patrimoine 2009, elle a mis Paul Bocuse à l'honneur, photographié tous les chefs avec lui et fait pleurer la Mère Richard. Elle a enfilé sa polaire pour s'installer à Saint Martin-de Belleville (73 – Savoie) autour de la table des Meilleur (c'est leur nom) du restaurant La Bouitte, dressée en cette saison d'automne, dans le jardin. Avec elle, René et son fils Maxime, ont devisé longuement produits de terroir, cuisine raffinée et casse-croûte chic de montagne.

Elle a suivi Nicolas Le Bec dans sa fameuse rue avec les boutiques gourmandes qui entourent son restaurant installé à la Confluence, le nouveau quartier de Lyon en plein essor. La semaine suivante, elle grimpait dans une montgolfière pour survoler le lac Chambon et apprenait à préparer le boudin aux pommes dans une feuille de brick (elle précise, "bien souple"). Odile pourrait presque ouvrir un restaurant.

Une idée de reconversion peut-être, mais je ne crois pas que ce soit son truc. Pas vraiment. Odile plaît à la caméra et ensemble, elles tutoient les chefs qui ronronnent d'aise. Mais il faut savoir que, chaque année au mois de juin, elle se bat pour que son émission, qui récolte pourtant une des meilleures audiences de France3, soit reconduite d'année en année. Elle rame et avec le sourire quand elle est à l'antenne. J'ai envie de lui dire, comme disait ma grand-mère (personnage de référence de cette chronique) : "S'ils n'en veulent pas qu'ils n'en dégoûtent pas les autres !" Si France3 Rhône-Alpes-Auvergne ne veut plus de tes services, Odile va donc voir en national. Sur Téva par exemple qui diffuse tes vidéos. Ou ailleurs. Sûr que tu plairas !

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