vendredi 21 décembre 2007

CONNAISSEZ VOUS LE CHABICHOU ?


J’ai longtemps cru, figurez-vous, que je n’aimais plus du tout Courchevel et il y a de quoi !

Au tout début de l’essor de la station, dans les années 80, je me suis vue défendre, avec véhémence, ses acteurs cuisiniers et hôteliers. Non, le Byblos des Neiges entre les mains de Jean Paul Virot n’avait rien de snob, même si les people commençaient à y défiler. Non, le Pralong 2000 bien que Relais Châteaux ne prenait personne de haut, parce qu’il était entre les mains de Christine et Albert Parveaux.

Oui, le simple fait de déguster la soupe de légumes de Mado Cattelain à la Sivolière (d’ailleurs, le roi d’Espagne adorait le lieu, incognito s’entend…) pouvait plonger dans le ravissement et aussi celui d’inviter les écureuils au petit déjeuner. Et il y avait Michel Rochedy et son épouse Maryse, au Chabichou et eux valaient tout l’or du monde.

Et puis Courchevel a changé, les palaces ont poussé comme des champignons. Quoi de plus déprimant que de les voir tous volets fermés à la belle saison (cette débauche de luxe n’est utilisée que 4 mois par an…), quand seul le Chabichou était ouvert et qu’on venait crapahuter dans la montagne, explorer le parc de la Vanoise à la suite de Nicolas, le fils de la maison, avant qu’il ne se découvre lui aussi une passion pour la cuisine.

Courchevel a tant changé que la simple idée d’y retourner pouvait vous mettre le cœur au bord des lèvres. Une clientèle étrangère, fortement argentée jusqu’à donner la nausée, a investi les lieux et, dans les palaces, on en a rajouté dans l’obséquiosité. Alors quid de mon Chabichou au milieu des bouteilles de champagne à des prix vertigineux ?

Michel Rochedy, qui tient les fourneaux de sa maison depuis 40 ans, a signé un livre chez Glénat, qu’il a tout simplement baptisé « Le Chabichou » et, d’entrée de jeu, il annonce la couleur « Au Chabichou, Courchevel fait de la résistance » sont les premiers mots de l’ouvrage. Ah cher Michel Rochedy, on n’en attendait pas moins d’un homme de cœur !

On sait tout de lui à lire les premières pages en préambule de recettes stupéfiantes de naturel et de talent. Ses origines ardéchoises, dans cette montagne cévenole où les virages tournent encore plus que sur les routes de Savoie. Moi, qui connaît bien toute la maisonnée, je suis enchantée de découvrir, au fil de l’ouvrage et de l’album photos, le sourire de Sylvie, l’épouse de Stéphane Buron, fidèle second de Michel et qui, à elle toute seule, est un des bonheurs de la salle à manger tant son approche des clients est fraîche et naturelle.

Celui de Maryse bien sûr qui sait ce que signifie se battre pour que son homme puisse toujours exprimer son talent (« s’il vendait des frites sur la plage, il serait capable d’ajouter le morceau de persil qui ferait que l’on mangerait la marge, mais c’est comme ça ! », c’est d’elle…) et aussi que Christophe, l’autre fils de la maison, soit à ce point radieux sur les photos.

Ne nous y trompons pas, le Chabichou n’est pas un îlot à part dans une station qui aurait perdu le sens commun. Il n’y a pas d’un côté les palaces et de l’autre les lieux fréquentables. Tout le monde se presse au Chabichou et le soir, c’est en triple file que stationnent les voitures.

Alors, s’il vous manque une idée cadeau, amis gourmands, foncez sur le livre de Michel Rochedy, le pied du sapin vous en sera reconnaissant.
« Le Chabichou ou la Montagne apprivoisée », par Michel Rochedy aux Editions Glénat.

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