Dès lors Etretat a subi à leur suite, les assauts des curieux. Au point que déjà, les lieux ont été victimes de sur tourisme à partir de la moitié du XIXème siècle.
Cette exposition originale qui se tient au musée des Beaux-Arts à Lyon jusqu’au 1er mars 2026, présente cent-cinquante œuvres et documents qui s’articulent autour de deux tableaux majeurs des collections du musée, La Vague de Gustave Courbet et Etretat, mer agitée de Claude Monet.
Elles témoignent toutes deux de la perception que les peintres avaient de la mer avant le 19ème siècle. Un mélange de fascination et de peur qui va ensuite attirer les artistes en nombre.
Eugène Le Poittevin ouvre la marche en saisissant la vie quotidienne des pêcheurs avec des scènes de genre.
On va découvrir les cabestans et les treuils qui permettent de rentrer les bateaux. Les caloges et leurs toits de chaume qui recouvrent les bateaux hors d’usage. Et aussi les bains de mer de visiteurs cultivant l’entre soi.
Eugène Delacroix, Camille Corot et Eugène Boudin se succèdent, suivis par des écrivains enthousiastes comme Maupassant et Victor Hugo.
C’est à Etretat en 1883 que Claude Monet viendra essayer de combler ses dettes et livrera quelques 80 toiles à son marchand.
Avec une pression telle qu’il verra s’envoler tout son matériel installé en surplomb des vagues au cours d’une journée où il eût mieux valu ne pas sortir.
Henri Matisse accompagnera sa fille Marguerite en convalescence et prendra aussi les laveuses pour sujet.
Ces femmes qui attendaient la marée basse pour laver leur linge dans une rivière souterraine qui n’apparaissait qu’à ces moments précis.
L’avènement et le développement de la photographie achèvera d’assigner Etretat à un rôle de spot touristique où la fréquentation ne fait que croître et pas forcément embellir.
A l’heure du selfie, c’est L’Aiguille Creuse de Maurice Leblanc avec Arsène Lupin qui les attire en hordes.
Alors qu’elle est devenue terriblement fragile...


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