lundi 17 mars 2008

FAUT-IL CONTINUER A FAIRE LA FOIRE ?

Photo Francis MAINARD - Photothèque Foire de Lyon

Les moins jeunes d'entre nous ont tous connu la foire où l'on se rendait une fois par an avec les parents pour choisir le canapé du salon, acheter un frigo, revenir avec un robot ménager qui faisait, à grands frais, (c'était hors de prix ces machins là...) une soupe de légumes pour 4 personnes avec 1/2 carotte 1/4 de pomme de terre et quelques tronçons de poireau.
On avait goûté sur le stand, trouvé ça bon et acheté à "tant par mois" un truc dont on ne se servait pas. Ma grand-mère disait "On se nourrit peut-être avec pas grand chose et pour pas cher, mais on a toujours pas grand chose dans le ventre !" La sainte femme...

Depuis, il y a eu les hypers, les grandes surfaces d'expo et même Internet, alors les foires... On se demande même comment elles ont continué à exister! Et pourtant, la Foire de Lyon, pour ne citer que celle que j'ai à portée de la main, croît et multiplie. Les stands se louent d'une année sur l'autre et on est obligé de pousser les murs. Les études, qui accompagnent le chaland dans tous ses mouvements, sont formelles : 87% des visiteurs se déclarent satisfaits, 93% la considèrent comme un lieu de découverte (au lieu de 88% l'année précédente, c'est dire...)

Les visiteurs reviendront donc par centaines de milliers dans les allées d'Eurexpo pendant 11 jours du 21 au 28 mars, dépenseront sur place quelques 1200€ en moyenne (43% de plus par rapport à l'année dernière !) et choisiront piscines, salles de bains, maisons de bois et autres nouveautés pour lesquelles 80% de l'offre régionale sera présente. On en profitera aussi pour s'amuser et profiter des animations de cette seconde foire de France (derrière Paris), labellisée Foire de France et seule à être certifiée ISO (ce qui veut dire que c'est bien...)

En même temps, comme on l'a vu pour le Tibet et l'Indonésie, c'est l'Inde avec Féeries Indiennes, qui occupera les 3000m2 d'exposition consacrés. Ce qui en fait le plus grand lieu d'expression culturelle après le Centre Mondial de Berlin et un véritable lieu de découverte pour un public qui a rarement l'occasion de fréquenter les musées. On découvrira de précieux objets dignes des plus grands dans des décors construits par les plus illustres artistes de Madras, Dehli et Pondichéry. Une rue entière avec ses véhicules montrera l'Inde contemporaine et mythique.

PhotoR_Manet_crédit Photo BRUNO REQUENTELOn fera venir à grands frais des rickshaws de Calcutta. Comme ils sont interdits depuis 2 ans, ceux qui restent en bon état ont pris de la valeur. L'Inde des Maharadjahs sera aussi présente avec les folies qu'on leur attribue : Rolls en or sellée Hermès, voitures Ambassador, motos Royal Enfield...

L'occasion de découvrir Pondichéry, le plus célèbre des anciens 5 comptoirs français, dont les habitants ont gardé un petit coin de France dans le coeur. A l'image de Jean Pierre, authentique indien qui tient une échoppe de street food aux couleurs de la France ! Tous ceux qui s'y sont rendus vous le diront, la ville ressemble à Nice telle qu'elle était il y a 100 ans.

Parmi les autres animations, il y a évidemment les restaurants, dont un indien, des pôles conseil avec un atelier vin et des cours de cuisine pris d'assaut, une chasse aux oeufs géante puisque aussi bien la Foire (la fête ?...) ouvre le week-end de Pâques, des animations avec l'OL et le LOU et Eurexpo Poker Event, tournoi de poker géant.

Chaque jour enfin et en l'honneur de l'Inde dans laquelle Lyon ne sera plus tout à fait une ville étrangère, les danses et musiques de la troupe de Raghunath Manet avec des spectacles tous les jours. Il s'agit du plus grand danseur de l'Inde qui présentera une dizaine de styles de danses emblématiques et de théâtre dansé de rue. Bollywood, c'est à Eurexpo du 21 au 31 mars 2008.

jeudi 13 mars 2008

MICHELIN, C'EST MOU...

Début mars, c'est la période où les chefs cuisiniers et la presse qui s'y intéresse, sont comme des fous. Pensez donc, c'est la sortie du Guide Rouge, le fameux Michelin qui fait trembler dans les cuisines !

Pour les restaurateurs, ça reste important, car il fut un temps où une étoile signifiait 30% de chiffres d'affaire en plus. Tout de même ! On comprend mieux, en la matière que la récompense ne concerne pas que l'égo... Reste à savoir si les effets de l'étoile gagnée ou perdue sont toujours les mêmes à l'heure d'Internet, car les temps ont bien changé.

Vous me direz que j'ai mauvaise grâce, moi qui ai travaillé dans un guide pendant 20 ans, de douter de leur influence. Mais justement... Au début des années 70 alors que les citoyens ramaient pour se faire installer le téléphone, les guides et leurs classements étaient précieux. Quand les magazines spécialisés débarquaient dans les villes au début des années 80, les lecteurs (et surtout les non lecteurs, pour qui c'était fait...) se ruaient sur le numéro spécial.

Désormais, on n'apprend plus grand chose à un Lyonnais, un Marseillais ou un Lillois sur les restaurants qu'ils devraient fréquenter ou fuir. Ils le savent déjà. Pour preuve, ce sont souvent eux qui renseignent le journaliste débarqué de Paris.
Quant aux guides sur Internet et autres forums, on sait bien ce qu'on peut en penser. Pas dur de dire du bien de soi-même et de remplir la baignoire. Difficile donc de conseiller qui que ce soit de nos jours et surtout de faire découvrir quelque chose à ceux qui savent déjà.

Peut être est-ce la raison pour laquelle, le Michelin est un peu mou cette année. Pas de réel événement comme l'accession à 3 étoiles d'Anne Sophie Pic (pensez, une femme, voilà de quoi assurer la promo du Guide dans les journaux..) Tout juste une troisième étoile pour le Petit Nice à Marseille, dont je ne doute pas de la qualité de la cuisine, mais dont j'espère que les dirigeants auront découvert entre temps le sens de la générosité qui sied à une maison qui atteint des sommets.

Et puis, les gorges chaudes de toute la presse au sujet du Grand Véfour de Guy Martin qui perd sa troisième étoile. Lequel garde, de mon point de vue, toute ma confiance. Mais on aime tellement voir les hommes à terre, quand on les croyait intouchables.

Parmi les promesses d'étoiles pour l'an prochain, rien de bien spectaculaire et, pour le reste, on a le sentiment que le Michelin gère un peu les affaires courantes en enlevant une étoile à un restaurant revendu et en la remettant à son successeur (ça fait deux événements pour faire causer). Et aussi en retirant une étoile à un chef qui a déménagé et en lui redonnant l'étoile là où il a atterrit (et encore deux !) C'est ce qu'on appelle créer l'événement.

Reste que, pour tous ceux qui se trouvent injustement traités parce que leur décor et leur décorum ne leur permettent pas de recevoir une étoile, alors que leur cuisine la mériterait sans doute, ceux là, à l'image de la Cigale d'Or à Seillonnaz dans le Bugey, ne devraient avoir aucun regret de devoir se contenter d'un Bib Gourmand.

Une réputation estampillée de bonne maison pas chère pour Nicolas Serrano, par ailleurs ancien de Guy Martin, voilà qui devrait pouvoir lui arranger les fins de mois et à nous, gourmands impénitents, de découvrir une bonne adresse où bien manger sans se ruiner !