
Quand ma fille était ado et qu'elle me faisait jurer que, pendant les vacances, elle rencontrerait plein de copains qu'elle n'oublierait jamais par la suite, je mettais toutes les chances de mon côté en réservant un séjour au Club Med, sûre que, parmi les quelques 900 GM (voire davantage...) présents sur le site, il y aurait bien une vingtaine de jeunes de son âge avec lesquels elle passerait une bonne semaine. C'était il y a moins de 10 ans... Les choses ont, depuis, évolué à une vitesse folle... Le Club Med a rénové la plupart de ses villages, tordu le cou à ses 2 tridents et organisé une montée en gamme irréversible qui ne lui a pas fait que des amis.
Capital.fr qui ne lâche guère l'entreprise emblématique du tourisme à la française dirigée par Henri Giscard d'Estaing se fait l'écho des difficultés du groupe pour opérer sa mutation. Davantage de clients aisés et qui n'ont pas peur d'acheter des semaines au prix fort pourvu que l'hôtel (on dit de moins en moins le village) soit très, très confortable et même carrément luxueux et que la présence d'un Spa de haut niveau soit assurée.
Le résultat, c'est que, même si les objectifs commencent à être atteints, le Club Med a perdu pas mal de ses clients des classes moyennes et ils n'ont pas encore été remplacés. Du point de vue du GM consommateur, ça se passe comment? Même si l'on casse sa tirelire et que l'on accepte de renoncer au tutoiement, aux bungalows et au collier bar, on ne se retrouve pas à passer ses vacances avec la même population. On prenait déjà des risques à retourner dans un village 2 années de suite quand le Chef de Village avait changé (c'est vraiment lui qui donne le ton). Mais maintenant, c'est carrément l'aventure.
Pour m'être rendue 3 fois à Peisey Vallandry (73 - Savoie) depuis son ouverture en 2006, je peux dire que je n'ai jamais été déçue. Et pourtant j'avais entendu pis que pendre au sujet de certaines semaines d'hiver dont la clientèle était - comment dire, en restant politiquement correcte - disons très communautaire. Imaginez, sur un établissement qui peut accueillir vers 700 personnes sur une semaine, environ 400 Russes qui ont leurs habitudes et leur fonctionnement et une communauté de quelques 200 personnes aux pratiques religieuses très exigeantes et qui prennent toute la place.
Tolérance certes, mais quand il s'agit des vacances, le bien le plus précieux des Français, une semaine pourrie par ceux qui ne savent pas rester discrets, ça vous mine. Demandez à Courchevel, ce qu'en pense certains hôteliers. Autant s'y faire d'ailleurs, ce sont eux, nos amis de l'Est qui "sauveront" la France touristique de la crise en venant la visiter de plus en plus nombreux. Et puis, tous ne posent pas leur calibre sur la table du petit-déjeuner à côté de leur tasse, tous ne balance pas leur assiette à travers la pièce parce que son contenu n'est pas assez chaud. Il en est des habitants de l'ex-URSS comme des autres. "A plus de 4", chantait Brassens, "on est une bande de cons". Alors 400, pensez!
Les choses ne se passent pas du tout de la même façon en été à la montagne.
La clientèle est très respectueuse de la nature. Un accompagnateur nous confiait qu'au mois de mai, après la fonte des neiges, les bouteilles de coca, les sacs plastiques et autres cochonneries laissées par les amateurs de sports d'hiver glissaient jusque dans la vallée. En été, les randonneurs, ont plutôt tendance à ramasser les déchets des autres pour les jeter à la poubelle. Pour passer de bonnes vacances, donc, repérer les bonnes dates. Juste avant Noël et en mars en hiver en fuyant janvier et, si possible, les vacances scolaires de tout le monde.
Un des secrets du délicieux village hôtel de Peisey Vallandry, c'est aussi une situation magnifique en plein parc de la Vanoise, des chambres très confortables qui n'obligent pas à s'entasser dans les parties communes quand on rentre d'excursion ou d'une journée sur les pistes et bien entendu un personnel formidable. De jeunes GO qui mettent leur énergie à la disposition de leurs clients et guettent le moindre de leurs désirs. Ils sont emmenés en ce moment par un jeune chef de village qui n'a même pas 35 ans. Et pour ce que j'en sais, David Meyer devrait encore rester pour la saison d'hiver.
Le Club Med a déserté l'Espagne et la Côte d'Azur. En France, il se concentre sur les Alpes avec des villages à Chamonix, la Plagne, Méribel (3 sites), Val d'Isère, Tignes... La première pierre du nouveau village de Valmorel (73 - Savoie) a été posée le 2 juillet et le village 4 tridents avec une aile de 24 suites 5 tridents devrait être inaugurée en décembre 2011 avec ouverture l'été comme Peisey Vallandry. Le Club Med comme d'autres savent bien que la région Rhône-Alpes reste la première destination touristique mondiale en hiver. C'est là qu'il faut être...
Tous ceux qui préféreront le soleil au ski profiteront des croisières à bord du M/S Legacy (5 étoiles Deluxe) entre l'Egypte et la mer Rouge avec une croisière musicale et les Solistes Français du 6 au 13 novembre ou encore la découverte du nouveau village de Sinai Bay.
Pour passer de bonnes vacances, il faut savoir surfer. Non pas sur les vagues avec une planche, mais sur les destinations et les saisons. Autrefois, il y avait, pour tous ceux qui ne séjournaient pas chez les parents et amis, le choix entre le camping et l'hôtel. Tout a évolué, les hôtels ont du souci à se faire s'ils n'ont pas fait l'effort de s'adapter et de proposer, comme nos amis de l'Hôtel Beauregard à la Clusaz et beaucoup d'autres, des activités en plus du séjour pour que les clients trouvent de quoi s'occuper et passer de bonnes vacances.
Chambres d'hôtes, gîtes et hôtellerie de plein air ont multiplié l'offre touristique. La demande n'a pas évolué aussi vite. Certains touristes exigeants et soucieux de leur confort se sont détournés des vacances à l'hôtel et tentent désormais l'hôtellerie de plein air de luxe. Et pas seulement pour une question de budget. Un établissement comme le Domaine de Massereau dans le Gard qui vient de recevoir ses 5 étoiles, mérite qu'on s'y intéresse. Le goût de la chaîne des Castels dont il fait partie pour les beaux endroits et le respect du patrimoine fait la différence.
Reste, et le problème est entier, la clientèle qu'il va falloir fréquenter. On peut toujours décourager Jacky et son pastaga et réaménager l'emplacement 17 en y construisant un bungalow élégant et confortable, mais rien ne dit que toute la bande n'aura pas fait des efforts pour continuer à s'approprier les lieux et mettre les nouveaux arrivants dans le moule. A moins qu'une nouvelle clientèle, plus bling-bling et pas plus discrète ne soit en train d'assurer la relève. On appelle ça vivre ensemble et ce n'est pas toujours facile...
vendredi 10 septembre 2010
MÉLANGE DES GENRES...
Publié par
Martine Montémont
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11:36
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Libellés : Hébergement, Vacances
mardi 10 août 2010
CONFITURE DE FRAISES

Pour faire la différence et attirer le chaland, une seule solution: proposer de l'insolite, de l'inédit, du pas vu, de l'original en somme. C'est ainsi que, depuis quelques années, on construit des cabanes dans les arbres, des yourtes mongoliennes et des roulottes gitanes dans les cours de ferme, les campings et les gîtes. Personne n'a encore pensé à copier un authentique camp Rom avec des bâches et des toiles cirées sur des piquets. L'aventure, l'insolite certes, mais convenable. Il ne viendrait à l'idée de personne de le reprocher!
Au moment où l'idée d'informer nos fidèles lecteurs sur les habitats pas comme les autres, je tombe le samedi 8 août, dans le silence de la ville, sur un reportage de la chaîne Voyage. Zay Harding, dans le cadre d'un reportage Pilot Guides, nous emmène en Nouvelle Zélande. La vidéo est très cotée. Elle est gratifiée de 5 étoiles sur le site qui la commercialise et, croyez-moi, elle en vaut la peine.
C'est là que j'apprends que les champions de rapidité dans la tonte des moutons qui se sont fait des sous avec leur art, investissent parfois dans l'hébergement touristique. C'est ainsi que l'un d'entre eux propose à ses hôtes de dormir dans un avion au sol dont la carlingue est aménagée en chambre à coucher. On peut même passer une nuit de rêve dans le cockpit à s'imaginer que l'on pilote les premiers aéronefs pionniers de l'Aéropostale. On se figure déjà les grands enfants que sont nos bonshommes en train de piloter pour de faux autour du bateau d'un copain en vacances et de jouer au héros comme Jean Dujardin dans "Un Gars, une fille".
Evidemment, ça a du succès. Pour attirer l'attention, rien ne vaut ce qui est original. Dans le même reportage, on voit notre héros en train d'absorber des yeux de poissons cuits à la vapeur et des testicules de mouton crus devant une assemblée hilare qui lui affirme que les anciens du pays s'en régalent. Moi, si j'étais lui, et avant de plonger, comme au saut à l'élastique un peu plus tard, je demanderais à l'assemblée de goûter pour me montrer qu'ils apprécient eux-mêmes. De grands enfants, on vous dit...
Tout ça pour vous confirmer que l'insolite a de beaux jours devant lui. Certains sites s'en sont même fait une spécialité. Tous ceux qui ont été enchantés à l'idée de dormir dans un hôtel équipé de mobilier taillé dans la glace dans le Grand Nord auront apprécié de pouvoir en faire autant dans les Pyrénées à Granvalira en Andorre. Les igloos creusés dans la glace ou construits en parpaings de neige et équipés 4 étoiles ont leurs inconditionnels.
Les roulottes aussi bien sûr qui nous rappellent ceux que l'on appelaient les Romanichels à l'époque où leur arrivée au village signifiait distraction et rupture avec le quotidien. Ils installaient les tréteaux et montaient les manèges. Leurs gamins fréquentaient notre école et ils revenaient chaque année. Le goûter (des tartines de saindoux!) dans la roulotte nous fascinait. Les parents n'avaient pas besoin de faire venir des artistes de rue pour distraire les 8-10 ans, ils en avaient sous la main. Sauf qu'on leur cassait les pieds à s'installer dans la roulotte exiguë, alors ils chassaient les mômes de là et on s'éparpillaient en rigolant. N'empêche, la roulotte gitane avec ses tambourins et ses chevaux de trait s'est inscrite dans notre imaginaire et une petite semaine de vacances dans cet univers onirique au fond du jardin, mais avec tout le confort , ça fait rêver...
Idem pour les péniches. Là aussi, tous ceux d'entre nous qui faisaient les 400 coups l'été le long des chemins de halage connaissaient les mariniers qui acceptaient gentiment de les embarquer pour l'aventure entre 2 écluses. Là aussi les vacances en péniches solidement ancrées dans les imaginaires, séduisent nombre d'estivants curieux.
Il y a aussi les cabanes dans les arbres. Paradis que l'on a construit nous-mêmes avec des planches, à une époque bénie où tous les jouets n'étaient pas en vente chez Toy's are Us et que les jardins servaient surtout à faire des bêtises. On se faisait tirer les oreilles parce qu'on avait piqué les allumettes à la cuisine. N'empêche, à cette époque-là, il y avait plutôt moins de feux de forêt... Tout cela pour vous dire que les cabanes dans les arbres avec tout le confort ont aussi beaucoup de succès pour ceux qui les loue.
On aime aussi passer la nuit dans un phare comme dans celui de Kerbel à Riantec (56-Morbihan). Les yourtes envahissent le territoire et on n'y invoque pas forcément Bouddha. Mais qu'est-ce qu'on s'amuse dans cette grande pièce de toile recouverte de tapis avec son poêle au centre. Variante, les tipis. Comme Cochise. Dans le même temps, le camping qui flirte avec le haut de gamme, s'installe au château avec les Castels. Rien que des 4 étoiles. Et pour ne pas lasser les clients on leur propose aussi de l'insolite:
Les maisonnettes cabanes aux Criques des Porteils dans les Pyrénées Orientales, l'écolodge Sahari au Domaine des Forges en Vendée. Et la Bretagne, qui ne peut pas toujours compter sur les mêmes rayons bienfaisants que la Côte d'Azur, fait des efforts avec la cabane hutte du Domaine des Ormes en Ile-et-Vilaine, la paillote exotique à Grande Métairie dans le Morbihan et les roulottes au Château de Galinée dans les Côtes d'Armor. La boucle est bouclée.
Reste que tout cela me fait penser aux confitures. Je précise ma pensée. Depuis quelques années, les confitures les plus originales, comme celles que fabrique Christine Ferber à Niedermorschwihr (68 Haut-Rhin) sont proposées aux gourmands qui les trouvent à la Grande Epicerie de Paris et autres boutiques gastronomiques de luxe. Je pense aussi aux Confitures de Rosalie réalisées par Philippe Bruneton, maître confiturier (ça existe...) en plein coeur du massif du Pilat entre Lyon et Saint Etienne avec des fruits du cru, mûrs à souhait. Il en existe beaucoup d'autres un peu partout en France.
Pour attirer l'attention et séduire les gourmands, on propose les framboises au chocolat noir, la confiture de carottes, oranges et cardamome et autres curiosités. Mais savez-vous ce qui se vend le mieux? C'est un pâtissier que j'interrogeais au sujet de ses nouveautés qui me l'a confié. Les plus vendues des confitures ce sont celles à la fraise et aux abricots. C'est à dire les plus classiques avec lesquelles on est sûr de ne pas se tromper. D'ici à ce que tous ceux qui cherchent à "crécher" sur les flots, les roues, les arbres et les cockpits finissent pas se retrouver dans une chambre bien conventionnelle, il n'y a pas loin! Aucun problème à cet égard, des chambres classiques et bien tenues, dans toutes les catégories, il y en a plein!
Publié par
Martine Montémont
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15:57
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