mardi 29 janvier 2008

LE MEILLEUR RESTAURANT
ET LE PIRE DES HOTELS

l'Auberge des Montagnes à Pailherols (Cantal - 15)
Une des questions qui m'a toujours le plus agacée, et qui m'agace encore dans la mesure où je continue à explorer les ressources touristiques de France et de Navarre, c'est l'interrogation suivante : "Alors, c'est qui le meilleur restaurant de Lyon ?" ou, suivant circonstances, de Paris, de Megève, de la Côte d'Azur, d'Alsace, du Val de Loire, d'Auvergne ? Que sais-je encore !

Après des années de chronique gastronomique, je me refuse toujours à donner un avis aussi tranché. Je préfère proposer des pistes. Encourager à fréquenter la Maison Pic à Valence, bien sûr, et le merveilleux bistrot installé juste à côté du 3 étoiles, baptisé le 7 en hommage à la Nationale des vacances. Mais tout aussi bien la Ferme du Rocher à Flumet où Thérèse Mabroux sert la plus honnête des raclettes (oui, il peut y avoir une différence entre les unes et les autres...).

Des endroits aussi exceptionnels que le Grand Véfour à Paris entre les mains de Guy Martin, mais tout aussi bien l'Auberge des Montagnes à Pailherols (Cantal - 15) pour son boeuf de Salers et sa truffade, si on évite de s'y rendre pendant les grands week-ends fériés où ils sont débordés.

La gastronomie est affaire de Carte Gold, certes, mais on peut aussi bien se régaler dans un petit bistrot où l'on est délicieusement accueilli et où le chef travaille de bons produits. Alors classer du premier au dernier et asséner des avis péremptoires, très peu pour moi.

C'est pourquoi je suis un peu dubitative devant les résultats de TripAdvisor qui établit pour la 6ème année consécutive, un classement des hôtels préférés de la communauté de 6 millions de membres que représente le site.

Vue depuis la terrasse du Georges VParmi les meilleurs hôtels, on trouve le Georges V à Paris qui est récompensé dans 6 catégories et une maison d'hôtes à Amiens, le Macassar, dont je me garderai bien d'affirmer qu'elle ne mérite pas cette distinction, loin de là. Par ailleurs, et pour faire causer, on trouve les 5 hôtels les plus sales de la sélection (photos à l'appui...) qui sont tous situés à Paris.

Il y a quelque chose de dérangeant dans ce classement qui fait un peu communautariste. On parle de ce que l'on voit et on va toujours dans les mêmes endroits. La communauté des voyageurs de TripAdvisor me semble voyager le nez dans le guidon et manquer de curiosité.

Connaissent-ils, par exemple, pour ne citer que deux endroits choisis dans ma belle ville de Lyon, l'hôtel Cour des Loges construit dans le Vieux Lyon, le plus bel ensemble d'architecture Renaissance d'Europe et merveilleusement décoré ou encore cette maison d'hôtes, les Hautes Bruyères à Ecully, nichée au milieu d'arbres centenaires tout à côté de l'Institut Paul Bocuse et à un jet de pierre de la place Bellecour ?

Le simple fait que les classements soient opérés par des utilisateurs et pas par les acteurs de l'industrie hôtelière ne suffit pas à établir un palmarès absolument fiable. En se mettant à 6 millions, ils auraient pu dénicher bien d'autres merveilles dans l'Hexagone.

samedi 26 janvier 2008

AU "POLE NORD" AVEC LES CHIENS



Je n'ai pas l'habitude de grimper sur un télésiège sans skis aux pieds. Mais l'exercice n'a pas que des inconvénients, car il faisait si froid sur le celui de la Ramasse (je sais, ça ne s'invente pas...) au départ de Val Cenis et pour atteindre le col du Mont Cenis, que le fait d'avoir les mains libres de bâtons nous permettait de nous réchauffer en nous frottant les bras et en braillant "Quand te reverrais-je..." parodie de Michel Blanc dans les Bronzés.
Je sais, on n'est pas les premiers. Plus de 30 ans que tout le monde saoule les employés des remontées mécaniques avec ça !

Emmitouflés, ce n'était rien de le dire. Les passe-montagnes et autres cagoules distribués sur le parcours de la Grande Odyssée n'étaient pas de trop pour cacher nez et oreilles et, sur le télésiège, le blizzard, pour faire bonne mesure. Impressionnant.

Non, vous l'avez compris, je n'étais pas au Pôle Nord, mais je vous assure que c'était comme si... Arrivés là-haut, dans le brouillard, Fred nous attendait pour nous conduire au Village Trappeur qu'ils ont installé et à partir duquel, ils proposent des balades en traîneaux à chiens. Mais au sommet. On est à plus de 2000m et, à la différence des balades dans la vallée, on n'est pas dans les sapins.

Une fois arrivés , il faut encore couvrir dans la neige, à pied, quelques centaines de mètres pour arriver au camp en laissant sur la gauche la Base Polaire, construite par les Chasseurs Alpins pour accueillir une étape de la Grande Odyssée. Un coup d'oeil de côté et on aperçoit, dans un brouillard irréel, les litières de paille tout autour où ont dormi la veille, les chiens athlètes qui ont participé à la compétition. Christophe Caron, le fondateur de Husky Aventure, qui a monté le village trappeur, rassure tout le monde "Quand les hommes commencent à trouver la température vraiment trop basse, les chiens se disent "Enfin" !"

C'est si vrai que sa meute de quelques 60 huskies, malamutes, alaskans et autres vrais chiens polaires dorment rarement dans les niches. Ils préfèrent roupiller la tête sur les pattes par – 15° ou – 20° et les amateurs de traîneaux à chiens, ils les attendent de patte ferme. On les caresse, aucun problème, ils adorent les câlins et c'est un plaisir que de leur gratter le cou en enfonçant les doigts dans leur fourrure épaisse. Ils sont si différents et tellement plus beaux que les chiens qui participent à la Grande Odyssée, maigres et nerveux, souvent croisés avec des lévriers pour courir plus vite, mais aussi plus fragiles (ils n'ont pas toujours les pattes palmées comme les vrais chiens polaires et on a vus certains courir avec des chaussons...)

Quand on file avec l'attelage depuis la base, on passe carrément sur la route du col et on aperçoit le lac du Mont Cenis totalement gelé et des paysages saisissants de beauté. Il y a ceux qui s'installent confortablement dans le traîneau et se laissent conduire par le musher et ceux qui s'essaient à la conduite d'attelage (3 chiens pour commencer, qui suivent et parfois dépassent l'attelage de tête. Gare...). Mais après, c'est café, vin chaud et réconfort pour tout le monde sous le tipi. Et retour jusqu'au télésiège en longeant la Base Polaire. Mais vous ne la verrez que pendant les 15 jours (en janvier) où la course a lieu, après, les militaires la démontent. Les chiens de Christophe, en revanche, tiennent la position tout l'hiver.

C'est un des avantages de la course, elle génère des initiatives du genre et invite à découvrir la vingtaine de stations qu'elle traverse et surtout celles de Haute Maurienne où elle aboutit.