vendredi 12 décembre 2014

QUÉBEC, REINE DES NEIGES

Se rougir les joues avec bonheur, au Carnaval de Québec (Qc-ca).
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« Il n’y a pas de mauvais hiver, il n’y a que de mauvais vêtements ! » Fous de leur hiver qui dure (dur) de décembre à mars dans sa version la plus rigoureuse, les Québecois en ont même fait un produit touristique à part entière pour tous ceux qui aiment la neige et le grand froid.

La différence entre l’hiver européen gris et pénétrant et le grand blanc québécois, c’est la neige (la nâeige comme ils le prononcent). Brillante, lumineuse, elle reste au sol toute la saison et elle fédère et rassemble tous les charmes de l’hiver (l’hivâer comme ils disent aussi avec cet accent charmant et délicieusement dépaysant). Les Québécois ne boutonnent jamais leur manteau dehors. Ils le font à l’intérieur. C’est un apprentissage essentiel si on veut profiter de Noël à Montréal, à Québec et sur les rives du Saint Laurent pris dans les glaces.

Dans la chaleur de la maison, du train ou du centre commercial et partout où l’on est à l’abri, on accumule les pelures comme on appelle là-bas les couches de vêtements et on s’emmitoufle dans une doudoune de la marque Kanuk comme on nous l’a recommandé. On enfile les bottes Sorel que l’on peut même acheter sur Internet avant le départ, les mitaines qui ne sont pas, comme chez nous des gants sans extrémité pour les doigts, mais de vraies moufles bien chaudes et on n’oublie pas la tuque pour se protéger la tête. Et en avant pour affronter les – 30°, - 40° et le blizzard s’il y a lieu du «grand hiver vif comme une claque » comme le chante Beau Dommage.

Une saison pleine de ressources

L'hiver, on se couvre et on se voit en Charlevoix (Qc-ca).
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En hiver, le Québec ne s’endort pas. Il est équipé pour les grands froids. Chaque fin de semaine et quand vient le temps de la relâche, (les vacances scolaires), les habitants des villes filent vers les pistes du Massif de Charlevoix qui culmine certes à 770m seulement, mais offre des pistes amples et vastes, une piste de luge de près de 8km qui dévale vers le Saint Laurent pris dans les glaces, mais s’arrête tout de même juste avant !

De l’hôtel La Ferme et depuis la petite ville de Charlevoix, on prend le train pour arriver au pied des pistes. Rien à voir avec les pistes des Alpes et de quelques montagnes que ce soit en France. Il ne faut pas chercher la comparaison et c’est ça qui est intéressant.

23ème étage, Hilton, Québec (Qc-ca).
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En ville pour profiter de la vue sur Québec et de ses monuments, on réservera à l’hôtel Hilton en visant le 23ème étage. L’établissement est remarquablement tenu et confortable, le petit déjeuner est servi tout en haut pour permettre à tous ceux qui n’ont pas pu habiter dans les étages les plus élevés d’admirer la vue qui s’étend jusqu’au-delà du Saint-Laurent.

Ici comme ailleurs le wi-fi est puissant et totalement free et on ne dira jamais à quel point c’est agréable en comparaison avec la plupart des hôtels européens qui seraient bien capables de vous fournir, un beau jour, l’eau du robinet au moyen d’un code long comme un jour sans pain.

Les aventuriers urbains tenteront l’Hôtel de Glace qui est bâti au plus fort de l’hiver entre janvier et mars et déconstruit ensuite avant qu’il ne fonde par lui-même. Les lits de glace sont chaudement équipés de couettes moelleuses et de sur-matelas imperméables. Il y a 44 chambres et suites décorées suivant des thèmes variés et en 2014, c’est celui de la « Reine des Neiges », l’animation Disney qui a rencontré le plus de succès.

Pour s’assurer et se rassurer sur le contact de la glace, on ira prendre un verre au bar de glace et on s’apercevra qu’ils sont traités pour ne pas coller aux doigts.

Frozen, Hôtel de glace 2014, Quebec (Qc-ca).
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En toute confidence, les jeunes mariés qui se sont échangé leurs vœux dans la chapelle et les autres, prennent souvent (à tort !) un coup de panique à l’idée de passer toute la nuit dans leur chambre. L’hôtel qui s’est installé tout à côté fait fortune avec le principe de précaution !

A la rencontre des Premières Nations

Des verres de glace, on en utilise aussi pour prendre un apéritif au bar de glace, autour du feu et du tipi installé dans le jardin enneigé de l’Hôtel des Premières Nations. Un lieu exquis avec de belles fourrures et des objets fabriqués par le peuple amérindien, les Hurons-Wendate qui vit dans le village Wendake au cœur même de Québec.

Il faut absolument s’y arrêter pour admirer la Maison Longue construite sur le modèle de l’habitat des tribus d’autrefois. Ce peuple de cueilleurs-pêcheurs-chasseurs, par ailleurs fin diplomate et installé au Canada des centaines d’années avant l’arrivée des colons européens, sait parfaitement organiser ses activités touristiques. Au restaurant, on déguste du gibier accommodé avec des épices de la forêt boréale, des poissons fumés maison et même de la viande de phoque qui ressemble un peu à du foie de veau très noir.

Dans un confort parfaitement moderne, décoré d’œuvres d’artistes autochtones sublimes, on s’intéresse aux histoires racontées en goûtant la bière maison. On apprend ainsi que le tabac, la sauge, le foin d’odeur et le cèdre blanc comptent parmi les herbes sacrées et on termine sur une tisane inuit du Labrador à base de petit mûrier, appelé camarine noir, de genévrier et de cranberry.

Voir l'hiver et revivre au Québec (ca).
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Et l’on découvre les symboles auxquels sont rattachés les animaux dans ces sociétés matriarcales très organisées et proches de la nature. L’ours est médecin, le loup symbolise la communication et le lapin règle les conflits... On aura compris que le sujet est loin d’être épuisé et que la culture amérindienne est ici incroyablement vivante. Et réconfortante à plus d’un titre.

Des fêtes encore plus chaleureuses

Les Québécois ont du goût pour la fête et tout ce qui réconforte. La fin de l’année est donc l’occasion de réjouissances nombreuses de cet autre côté de l’Atlantique. A Montréal, le parc du Mont Royal se transforme en un immense terrain de jeux de neige et, entre le 14 décembre et le 5 janvier, c’est le déroulement des festivités de Montréal en Fêtes dans la vieille ville avec des chants de Noël à la Chapelle Notre-Dame-de Bon-Secours, sans oublier la brigade du réconfort qui va gentiment à la rencontre de ceux pour qui la fête n’en est pas une. 

Les 30 km de galeries du RESO avec les boutiques, les bars et les restaurants sont évidemment noires de monde au moment de la course aux cadeaux et tout le monde se retrouve pour la Party du Nouvel An place Jacques Cartier pour assister au concert, admirer le feu d’artifice et danser jusqu’au bout de la nuit dans la discothèque à ciel ouvert.

Moins cosmopolite et plus romantique Québec cité revêt ses habits de lumière et le 24 décembre, la messe de Noël à la Basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec qui fête ses 350 ans avec des manifestations particulières qui durent jusqu’au 28 décembre, devrait être célébrée dans une ferveur particulière.

De la France, le Québec a gardé le goût des bonnes choses. Pour le réveillon, on fait ses achats au marché du Vieux Port remarquablement achalandé. On y rencontre des producteurs et commerçants dont certains sont même venus de France pour s’y installer et entretenir leur savoir-faire, souvent bio. Certains d’Alsace, d’autres de Franche-Comté ou d’autres régions.
En hiver sur la Route des Saveurs de Charlevoix (Qc-ca).
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Pascal Miche, un Belge qui a épousé une Québécoise a mis au point dans son Domaine de la Vallée du Bras dans la région de Charlevoix, l’Omerto, un vin apéritif de tomate sur la nature duquel bien des sommeliers se cassent les dents. Sec, il accompagne fort bien un poisson fumé ou des coquillages et, dans sa version moelleuse, il fait merveille sur un foie gras ou sur les desserts. Pascal est un des 40 producteurs de la Route des Saveurs de la région de Charlevoix chez lesquels on peut dénicher de prometteuses petites merveilles.

Les chefs cuisiniers, ainsi fournis, ne sont pas en reste pour développer la gastronomie locale. C’est Laurent Godbout, un Montréalais, chef du restaurant Chez l’Epicier qui représentera le Canada au Bocuse d’Or à Lyon en janvier 2015.

Juste avant pour la ville de Québec, le temps du Carnaval qui aura lieu du 30 janvier au 15 février et celui de découvrir le nouveau Palais de Bonhomme qui sera construit face au Parlement et près du parc d’attractions des Plaines d’Abraham où nous nous ferons un plaisir de nous rendre pour ne pas manquer non plus l’étonnante course de canots qui a lieu sur le Saint Laurent gelé.

Pour TOUT savoir 
: Bonjour Québec  www.bonjourquebec.com/qc-fr/accueil.html

vendredi 21 novembre 2014

SAINT NICOLAS RETROUVE STANISLAS À NANCY

Offre Week-end Saint- Nicolas valable le week-end des 6 et 7 décembre 2014.
Offre Week-end Saint- Nicolas valable le week-end des 6 et 7 décembre 2014
Dans tout l’est de la France, c’est Saint Nicolas, le vrai saint patron des petits enfants et ils y croient encore davantage qu’au Père Noël (l’un n’empêchant pas l’autre…) Dans toute la Lorraine, il est fêté le 6 décembre avec ferveur. A Nancy, il investit la merveilleuse place Stanislas et, en allant à sa rencontre, on en profite pour découvrir le charme d’une des plus jolies villes de France.

Souvent, le cœur de la France a battu à Nancy. Relativement protégée des Dieux, la cité a été assez bien préservée des destructions. Au moment où une partie de la Lorraine a été rattachée au royaume de Prusse, les artistes, les industriels, les commerçants et leurs fortunes respectives sont venus s’y installer et sa population est passée de 45.000 habitants en 1870 à 120.000 juste avant la guerre de 14-18. Ce qui lui a conféré une prospérité artistique, intellectuelle et industrielle tout à fait enviable. 

On citera parmi ces « refusants » qui ne voulaient pas entendre parler de devenir Allemands, Jean Daum, notaire à Bitche, qui rachètera la verrerie et produira de la gobeletterie de luxe, puis des verres techniques. Il est un exemple parmi tant d’autres de tous ces talents qui ont construit la ville et dont on retrouve les œuvres dans les nombreux musées de la ville.

Art Nouveau, Ecole de Nancy certes, mais la ville est aussi à la pointe de l’histoire quand René II bat Charles le Téméraire au cours de la bataille de Nancy en 1477 et fait changer l’histoire d’époque en la transportant du Moyen-Age aux temps modernes.

Dans l’univers de Saint Nicolas

En choisissant de célébrer la Saint Nicolas à Nancy, on se prépare à un week-end de festivités qui tombe très précisément cette année aux dates des 6 et 7 décembre.

Dès le samedi, le centre de la ville attire le chaland avec de nombreuses animations. Autour du petit train touristique, des comédiens et autres magiciens investissent les rues avant le grand spectacle pyrotechnique sur la place Stanislas, une des plus belles d’Europe et dont les grilles recouvertes d’or fin ont nécessité l’emploi de 600g du précieux métal.

La légende de Saint Nicolas enflamme la Place Stanislas de Nancy (54).
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Le soir, il faut s’échapper de Nancy pour se rendre à la rencontre du cœur de la légende à Saint Nicolas de Port. Dès 20h30, plus de 4000 personnes se réunissent et allument leur flambeau en hommage à Saint-Nicolas. La basilique a été construite en 1093 pour abriter une relique rapportée par le chevalier lorrain Aubert de Varangéville. 

Une phalange du grand saint à laquelle on a attribué tant de miracles,- dont certains proprement stupéfiants comme la libération après des années de captivité en Turquie du seigneur de Réchicourt – que le culte de Saint-Nicolas s’est étendu à toute la vallée de la Moselle, du Rhin et dans toute l’Allemagne et les pays nordiques. Il s’agira cette année de la 769ème procession à Saint-Nicolas de Port.

Avant le défilé en soirée du dimanche des chars de Saint Nicolas, cette année sur le thème des Arts du Cirque, il ne faut pas manquer le village de la Marmaille, une délicieuse fête foraine atypique où l’on sert des bols de soupe et où des stands divers et variés se mêlent aux manèges d’autrefois.

On en profite pour s’égarer dans le vieux Nancy, à la découverte du Palais Ducal, de la cathédrale Saint-Epvre et pour prendre un bol d’air à la Pépinière, autrefois Royale, où ont été plantés 80.000 arbres et où trône une statue, signée Rodin, d’un autre Lorrain immense, le peintre Claude Gellée dont la peinture était si lumineuse que l’on disait de lui qu’il avait « le ciel dans sa tête ».

Il faut être dès 17h sur la place Stanislas car même si elle est vaste, elle ne rassemble que 30.000 personnes et les enfants sont nombreux à s’y presser.

Le miracle de Saint Nicolas transporte la ville de Nancy (54).
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Le grand Saint Nicolas occupe naturellement le dernier char en apothéose et distribue des bonbons aux enfants. Il porte la mitre, la crosse et il est accompagné de son âne fidèle et du Père Fouettard armé de ses martinets  avec lesquels il corrige les enfants pas sages.

Ce personnage-là n’est pas né de la dernière pluie. Son existence remonte au siège de Metz en 1552, c’est-à-dire à plus de 450 ans et les enfants adorent se laisser terroriser. D’autant qu’ils ne risquent pas grand-chose, on n’a encore enregistré aucune plainte.

Il entre ensuite à l’hôtel de ville pour se faire remettre les clés de la ville par le Maire sur le balcon de l’Impératrice et saluer la foule. Il aura monté, d’un pas alerte malgré son grand âge, l’escalier et sa grille de 25m construite d’un seul tenant par Jean Lamour. Encore un des trésors de la ville qui n’en manque pas.

La bonne ville du grand Stanislas

Si Nancy a toujours été prospère, c’est aussi qu’elle a été l’enfant gâtée du roi Stanislas. Il était le père de Marie Leczinska, épouse de Louis XV et avait été chassé de Pologne.
Son beau-père, le roi de France, au demeurant bien plus jeune que lui, lui alloua une pension de 2 millions de livres par an, ce qui représentait 1% du budget de la France.

Même si Stanislas était entouré d’une cour fastueuse, il n’oubliait pas le peuple lorrain qui l’avait surnommé le Bienfaisant. La population bénéficiait de consultations gratuites avec les étudiants en médecine de la faculté et c’est en 1755 que la place qui porte désormais son nom a été créée en lieu de place des remparts qui longeaient la place de la Carrière qui date, elle, du Moyen-Âge.

En suivant le guide dans les rues du centre historique de Nancy (54).
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Baptisée place Royale en hommage à Louis XV, elle témoigne du bonheur de vivre de Stanislas avec son entourage. Dont par exemple la marquise de Boufflers, baptisée « Madame de grande volupté » et dont l’épitaphe est « Ci-gît dans une paix profonde, la marquise de Boufflers, qui pour plus de sûreté, fit son paradis dans ce monde ». Ce qui en dit long sur l’art de vivre à la cour de Lorraine dont le mot d’ordre était que « le vrai bonheur, consiste à faire des heureux »

Stanislas est mort à 89 ans et encore, ce fut un accident. Ou pas. Impotent, il est tombé dans le feu au coin duquel il somnolait. La place a été restaurée en 2003 et elle est naturellement inscrite au patrimoine de l’Unesco.

Pour faire bonne mesure, on profitera aussi de ce week-end lorrain qui propose de nombreux forfaits pour déguster les spécialités gourmandes locales. La bergamote qui fut un médicament pour adoucir la gorge avant de parfumer le kir et la crème brûlée, les macarons secs et croquants des célèbres sœurs Macaron qui n’ont rien à voir avec les spécialités parisiennes de Ladurée. 

Il s’agissait en fait de petits gâteaux à la noisette et au blanc d’œuf que les bonnes sœurs confectionnaient pendant le carême. Les Saint-Nicolas en pain d’épices glacés au sucre et la farine du moulin artisanal de Guillemette à Nomexy que l’on peut aussi commander sur Internet.

Mais on n’oubliera pas de faire un tour, au moins pour boire un verre, à l’illustre brasserie l’Excelsior que tout le monde à Nancy appelle « l’Excel » pour admirer et profiter une fois encore de son décor fabuleux, fleuron de l’Ecole de Nancy.